MODE D' EMPLOI DES TABLES MN90
RÉFÉRENCES :
Tables de plongée à l’air MN90, mode
d’emploi, lettre 630 COMISMER du 17/12/96
Les tables de plongée à l’air de la
Marine Nationale : Historique – Étude – Statistique
– Propositions d’amélioration ; Procès-verbal
CEPISMER n° 03/90. Jean-Louis MELIET.
La FFESSM impose l’utilisation des
tables
MN90 dans le cadre des épreuves théoriques des
examens, de même que le Ministère de la Jeunesse et
des Sports impose l’usage desdites tables dans les
épreuves théoriques des spécifiques BEES1 ou BEES2.
Plus précisément, il s’agit de l’utilisation des
tables
MN90
actualisées.
En ce qui concerne la pratique,
rappelons qu’à l’origine, l’usage des tables
MN90
est réservé à la plongée autonome dans le cadre des
missions de la marine nationale, pour des plongées
ne nécessitant qu’un effort physique modéré.
De ce fait, il va de soi que, dans le
cadre d’une plongée sportive ou de loisir, l’usage
des tables MN90
fédérales est déconseillé pour toute activité
sortant de son domaine d’utilisation, en particulier
lorsqu’il s’agit d’effort physique important en
immersion.
DESCRIPTIF
Les tables fédérales comprennent :
- Les tables proprement dites ;
- Le
tableau I : détermination de l’azote
résiduel par respiration ’air pur en surface ;
- Le
tableau II : détermination de la majoration
;
- Le
tableau III : détermination de l’azote
résiduel par inhalation d’oxygène pur en surface
;
- Le
tableau IV : durée de remontée, hors durée
palier(s), plus temps inter palier(s).
MODE D EMPLOI
GÉNÉRALITÉS
- 2 plongées au maximum par 24 heures.
- Les tables indiquent, en fonction de la
profondeur atteinte et du temps passé sous
l’eau, la profondeur et la durée des paliers à
effectuer au cours de la remontée.
- Vitesse de remontée du fond au premier
palier : entre 15 mètres par minutes.
- Entre paliers, la vitesse est de 6 mètres
par minute, soit 30 secondes pour passer d’un
palier à l’autre.
Cela est encore valable depuis le dernier palier
jusqu’à la surface.
- La durée de la plongée se compte en minutes
entières (toute fraction de minute commencé est
considérée comme une minute entière écoulée)
depuis l’instant où le plongeur quitte la
surface en direction du fond, jusqu’à l’instant
où il quitte le fond pour remonter vers la
surface, à la vitesse préconisée de 15 mètres
par minute.
- La profondeur de la plongée est la
profondeur maximale atteinte au cours de la
plongée ;
- Si la valeur de la durée de la plongée ou
celle de la profondeur de la plongée ne sont pas
dans la table, prendre la valeur lue
immédiatement supérieure.
- L’interpolation des temps ou des profondeurs
est interdite.
- La plongée au delà de 60 mètres est
interdite.
Les tables données pour les profondeurs de 62 et
65 mètres sont des tables de secours à
n’employer qu’en cas de dépassement accidentel.
Dans ce cas, il est interdit d’effectuer une
nouvelle plongée pendant une durée de 12 heures.
- Intervalle entre deux
plongées : temps entre la fin de la première
plongée et le début de la seconde.
PLONGÉES CONSÉCUTIVES
(également appelées PLONGÉES
ADDITIVES)
- Plongées en mode consécutif : 2 plongées
dont l’intervalle est strictement inférieur à 15
minutes.
- Si l’intervalle passé entre deux plongées
est strictement inférieur à 15 minutes, on
considère qu’il s’agit d’une seule et même
plongée. On entre dans la table avec comme durée
de plongée la somme des durées de plongées, et
comme profondeur la profondeur maximale atteinte
au cours des deux plongées.
PLONGÉES SUCCESSIVES
- Plongée isolée : toute plongée effectuée au
minimum 12 heures après la précédente.
- Plongées successives : 2 plongée dont
l’intervalle est compris entre 15 minutes et 12
heures.
- Le groupe auquel appartient la plongée
effectuée est caractérisé par une lettre. Ce
groupe permet de programmer les plongées
successives et de calculer leur décompression.
- Majoration : temps qu’il faudrait passer à
la profondeur de la 2eme plongée pour avoir la
même quantité d’azote dissous.
- Si la durée exacte de l’intervalle ne se
trouve pas dans le tableau I, prendre la valeur
immédiatement inférieure.
- Si la valeur de la tension d’azote résiduel
ne se trouve pas dans la première colonne du
tableau II, prendre la valeur immédiatement
supérieure.
- Si la profondeur de la deuxième plongée ne
se trouve pas dans le tableau II, prendre la
profondeur immédiatement supérieure, car ce sera
celle prise en compte pour la décompression.
- Si au cours de la plongée successive la
profondeur maximale atteinte est supérieure à
celle qui a été retenue pour le calcul de la
majoration, le plongeur conserve la majoration
calculée ; le calcul est effectué avec la durée
fictive et la profondeur réellement atteinte.
- Si au cours de la plongée successive, la
profondeur maximale atteinte est inférieure à
celle qui a été retenue pour le calcul de la
majoration, le plongeur conserve la majoration
calculée ; le calcul est effectué avec la durée
fictive et la profondeur utilisée pour le
calcul.
REMONTÉE RAPIDE (PLUS DE 15 À 17 M/MN)
- Définition : remontée à une vitesse
supérieure à 15 à 17 mètres par minute. Les
paliers ont été exécutés ou non.
- Ce qu’il faut faire (seulement dans le cas
où la ré immersion est possible en moins de 3
minute) :
- Replonger à la demi-profondeur (moitié de la
profondeur prise en compte pour rentrer dans la
table)
- Palier de 5 minute à la demi profondeur
(utiliser ce temps pour calculer les paliers à
réaliser)
- Durée de la plongée : du début de la plongée
initiale à la fin du palier à la demi-profondeur
- Faire au minimum un palier de 3 minutes à 3
mètres.
Attention, dans le cas d’une ré
immersion après une plongée successive ou
consécutive à l’air :
La durée de plongée à considérer pour le calcul des
paliers est la somme :
- Pour les plongées consécutives, de la durée
de la première plongée et de la durée écoulée
entre le début de la deuxième plongée et la fin
du palier à demi-profondeur ;
- Pour les plongées successives, de la
majoration issue de la première plongée et de la
durée écoulée entre le début de la deuxième
plongée et la fin du palier de 5 minute à
demi-profondeur.
- Dans le cas d’une plongée en mélange
suroxygéné, et d’une remontée rapide, le palier
de demi-profondeur est effectué à la moitié de
la profondeur réelle maximale atteinte.
- La vitesse entre le palier de
demi-profondeur et le premier palier de
décompression est de 15 à 17 mètres par minute.
REMONTÉE RAPIDE ENTRE PALIERS
REMONTÉE LENTE JUSQU'AU PREMIER PALIER
- Définition : vitesse de remontée jusqu’à
l’éventuel premier palier strictement inférieur à 15
à 17 mètres par minute.
- Ce qu’il faut faire : majorer la durée de la
plongée de la durée de remontée jusqu’au premier
palier.
PALIER INTERROMPU
- Définition : non exécution ou mauvaise exécution
d’un palier.
Ce qu’il faut faire (seulement dans le cas
où la ré immersion est possible en moins de 3 minutes) :
replonger au palier interrompu et le refaire
entièrement.
PLONGÉE EN ALTITUDE
- Pour utiliser la table fédérale en altitude, il
suffit de connaître la pression barométrique H
régnant à la surface du lieu où l’on plonge. On
entre dans la table avec une profondeur fictive P’ :
P’ = Px1013/H, où P est la profondeur réellement
atteinte (en mètres) et H la pression barométrique
du lieu (en millibars ou hectopascals).
- Les paliers devront être effectués à la
profondeur P réelle : P = P’x H / 1013, où P’ est la
profondeur du palier donné par la table fédérale.
- Durée de la remontée : c’est celle de la
profondeur fictive. Donc : vitesse de remontée plus
lente qu’en mer, aussi bien pour rejoindre le
premier palier que pour aller d’un palier à l’autre.
- Remontée rapide (c’est à dire dont la durée est
strictement inférieure à celle prévue depuis la
profondeur fictive) : procédure identique à celle du
niveau de la mer, mais redescendre à la moitié de la
profondeur réelle.
- Palier interrompu, remontée lente, plongée
consécutive, plongée successive : même procédure que
celle du niveau mer, mais toujours en effectuant les
calculs avec les profondeurs fictives.
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UTILISATION EXCEPTIONNELLE DES TABLES FÉDÉRALES
INHALATION D’O2 ENTRE DEUX PLONGÉES
- Le tableau III
" diminution de l’azote résiduel par respiration
d’oxygène en surface " donne la valeur de l’azote
résiduel qu’il faut prendre en considération pour
entrer dans le
tableau II du
calcul des plongées successives.
Cette valeur est déterminée en fonction :
- Du groupe de plongée successive d’une première
plongée (première colonne) ou de " l’équivalent
azote résiduel " (deuxième colonne) déjà déterminé à
l’aide du
tableau I après un certain temps passé en
surface à respirer de l’air ;
- De la durée pendant laquelle le plongeur respire
de l’oxygène pur.
- Lorsque le temps réellement passé à respirer de
l’oxygène pur en surface ne figure pas dans le
tableau, prendre la valeur immédiatement inférieure.
- La deuxième colonne du
tableau III
donne l’équivalence numérique entre la valeur de
l’azote résiduel et les groupes de plongée
successive.
PALIERS À L OXYGÈNE PUR
- Les paliers à 3 mètres et à 6 mètres peuvent
être effectués en inhalant de l’O2.
- La durée de chacun des paliers à l’oxygène pur
est égal aux deux tiers de la durée du palier à
l’air arrondi à la minute supérieure, et est au
minimum de 5 minutes (soit un palier à l'air de 8
minutes).
Cependant, la durée de chacun des paliers
à l’oxygène pur est égal à la durée du palier à l’air
lorsque celui-ci à une durée de 1 à 5 minutes.
- Le fait d’effectuer des paliers à l’oxygène pur
ne change pas le groupe de plongée successive de la
plongée effectuée.
PLONGÉE AU MÉLANGE ENRICHI À L’OXYGÈNE PUR
Il existe des tables spécifiques pour la
plongée au nitrox. Toutefois, dans le cadre d’une
utilisation exceptionnelle, ou pour des exercices
théoriques de calculs avec tables, on peut retenir les
règles suivantes :
- Pour utiliser la table fédérale en mer à la
profondeur réelle P avec un mélange nitrox à X%
d’azote, on rentre dans la table avec une profondeur
équivalente PE telle que :
PE = ( P + 10 ) x X - 10
0,79
- La profondeur maximum permise en mer est celle
correspondant à une pression partielle d’oxygène pur
de 1,6 bars.
La durée et la profondeur des paliers en
mer suite à une plongée au nitrox sont exactement ceux
de la plongée à l’air réalisée à la profondeur
équivalente.
La durée maximale d’une plongée au nitrox
est de 2 heures.
Toutes les autres règles d’utilisation des
tables fédérales sont maintenues dans le cadre des
plongées au nitrox.
Francis IMBERT
Jean-Louis BLANCHARD
CONVENTION POUR LE CALCUL DE LA DURÉE TOTALE
DE REMONTÉE (ÉPREUVES THÉORIQUES)
- Vitesse de remontée jusqu’au palier égale à 15
mètres par minute ;
- Vitesse de remontée entre paliers ou du dernier
palier à la surface égale à 6 mètres par minute ;
- Durée totale de remontée à arrondir à l’entier
immédiatement supérieur ;
- La colonne de durée totale de remontée donne
directement la valeur cherchée sauf dans les cas où
le début de remontée ne correspond pas à la
profondeur maximum prise en compte pour le calcul de
la décompression ; ces cas particuliers sont entre
autres :
- Une consécutive dont la deuxième immersion est
moins profonde que la première, avec palier(s) ;
- Une remontée depuis le palier de demi-profondeur
;
- Une fin d’exploration où la décision de remonter
se prend à une profondeur différente de la
profondeur maximum.
Dans ces cas là, il y a deux procédures
équivalentes de calcul :
Procédure A : Utiliser le
tableau IV ;
Procédure B :
- calculer le nombre de mètres depuis le début de
remontée jusqu’à l’éventuel premier palier. Cela
fournit une distance de remontée.
- calculer la durée de cette remontée par : durée
(en minutes) = d / 15
- ajouter à la durée des éventuels paliers ainsi
que les durées de passage d’un palier à l’autre.
- arrondir la somme obtenue à l’entier
immédiatement supérieur.
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