MODE D' EMPLOI DES TABLES MN90
Réflexions personnelles sur l'utilisation des tables
fédérales
L'utilisation d'un ordinateur est devenu la règle en
plongée loisir. La détention de tables est souvent considéré
comme inutile, voir stupide. C'est sans doute vrai pour
la plupart des plongée. MAIS...
Que fait-on quand l'ordinateur n'est plus en mesure de fournir
des données fiables, soit parce qu'il affiche un message
d'erreur, soit parce que les conditions de la plongée ne
sont pas prises en compte par l'ordinateur (remontée en
surface sans faire les paliers obligatoires, yoyos, etc.)
?
Aucun mode d'emploi d'ordinateur ne propose de procédure
de secours !
Dans ce cas, on se raccroche à ce qu'il reste : les tables
fédérales et les procédures décrites ci-dessus... à conditions
de les avoir sur soit (ou de pouvoir s'en faire apporter
depuis le bateau) et de savoir s'en servir, c'est à dire
connaitre ces procédures et savoir recalculer sa décompression
avec ces tables...
Alors bien sûr, on pourra toujours se fier aux indications
de l'ordinateur de son binôme (si son ordinateur n'est pas
lui aussi en mode erreur au cas où il nous aurait suivi
et si notre binôme est à coté), ou se dire qu'on aura en
tête les paramètres de son ordinateur juste avant la panne
d'affichage.
Mais il vaut mieux pouvoir compter sur soit que d'espérer
pouvoir compter sur les autres.
Alors, révisez les procédures, mémorisez les, et investissez
une douzaine d'euros dans des tables immergeables que vous
garderez dans une poche du gilet avec un petit miroir réfléchissant
(ça permet parfois de faire des signaux quand il y a du
soleil et que le bateau vous cherche).
C'est du vécu...
RÉFÉRENCES :
Tables de plongée à l’air MN90, mode d’emploi, lettre
630 COMISMER du 17/12/96
Les tables de plongée à l’air de la Marine Nationale
: Historique – Étude – Statistique – Propositions d’amélioration
; Procès-verbal CEPISMER n° 03/90. Jean-Louis MELIET.
La FFESSM impose l’utilisation des tables
MN90 dans
le cadre des épreuves théoriques des examens, de même que
le Ministère de la Jeunesse et des Sports impose l’usage
desdites tables dans les épreuves théoriques des spécifiques
BEES1 ou BEES2. Plus précisément, il s’agit de l’utilisation
des tables
MN90 actualisées.
En ce qui concerne la pratique, rappelons qu’à l’origine,
l’usage des tables
MN90 est
réservé à la plongée autonome dans le cadre des missions
de la marine nationale, pour des plongées ne nécessitant
qu’un effort physique modéré.
De ce fait, il va de soi que, dans le cadre d’une plongée
sportive ou de loisir, l’usage des tables
MN90 fédérales est déconseillé
pour toute activité sortant de son domaine d’utilisation,
en particulier lorsqu’il s’agit d’effort physique important
en immersion.
DESCRIPTIF
Les tables fédérales comprennent :
- Les tables proprement dites ;
- Le
tableau
I : détermination de l’azote résiduel par respiration
’air pur en surface ;
- Le
tableau
II : détermination de la majoration ;
- Le
tableau
III : détermination de l’azote résiduel par inhalation
d’oxygène pur en surface ;
- Le
tableau
IV : durée de remontée, hors durée palier(s), plus
temps inter palier(s).
MODE D EMPLOI
GÉNÉRALITÉS
- 2 plongées au maximum par 24 heures.
- Les tables indiquent, en fonction de la profondeur
atteinte et du temps passé sous l’eau, la profondeur
et la durée des paliers à effectuer au cours de la remontée.
- Vitesse de remontée du fond au premier palier :
entre 15 mètres par minutes.
- Entre paliers, la vitesse est de 6 mètres par minute,
soit 30 secondes pour passer d’un palier à l’autre.
Cela est encore valable depuis le dernier palier jusqu’à
la surface.
- La durée de la plongée se compte en minutes entières
(toute fraction de minute commencé est considérée comme
une minute entière écoulée) depuis l’instant où le plongeur
quitte la surface en direction du fond, jusqu’à l’instant
où il quitte le fond pour remonter vers la surface,
à la vitesse préconisée de 15 mètres par minute.
- La profondeur de la plongée est la profondeur maximale
atteinte au cours de la plongée ;
- Si la valeur de la durée de la plongée ou celle
de la profondeur de la plongée ne sont pas dans la table,
prendre la valeur lue immédiatement supérieure.
- L’interpolation des temps ou des profondeurs est
interdite.
- La plongée au delà de 60 mètres est interdite.
Les tables données pour les profondeurs de 62 et 65
mètres sont des tables de secours à n’employer qu’en
cas de dépassement accidentel.
Dans ce cas, il est interdit d’effectuer une nouvelle
plongée pendant une durée de 12 heures.
- Intervalle entre deux plongées
: temps entre la fin de la première plongée et le début
de la seconde.
PLONGÉES CONSÉCUTIVES
(également appelées PLONGÉES ADDITIVES)
- Plongées en mode consécutif : 2 plongées dont l’intervalle
est strictement inférieur à 15 minutes.
- Si l’intervalle passé entre deux plongées est strictement
inférieur à 15 minutes, on considère qu’il s’agit d’une
seule et même plongée. On entre dans la table avec comme
durée de plongée la somme des durées de plongées, et
comme profondeur la profondeur maximale atteinte au
cours des deux plongées.
PLONGÉES SUCCESSIVES
- Plongée isolée : toute plongée effectuée au minimum
12 heures après la précédente.
- Plongées successives : 2 plongée dont l’intervalle
est compris entre 15 minutes et 12 heures.
- Le groupe auquel appartient la plongée effectuée
est caractérisé par une lettre. Ce groupe permet de
programmer les plongées successives et de calculer leur
décompression.
- Majoration : temps qu’il faudrait passer à la profondeur
de la 2eme plongée pour avoir la même quantité d’azote
dissous.
- Si la durée exacte de l’intervalle ne se trouve
pas dans le tableau I, prendre la valeur immédiatement
inférieure.
- Si la valeur de la tension d’azote résiduel ne se
trouve pas dans la première colonne du tableau II, prendre
la valeur immédiatement supérieure.
- Si la profondeur de la deuxième plongée ne se trouve
pas dans le tableau II, prendre la profondeur immédiatement
supérieure, car ce sera celle prise en compte pour la
décompression.
- Si au cours de la plongée successive la profondeur
maximale atteinte est supérieure à celle qui a été retenue
pour le calcul de la majoration, le plongeur conserve
la majoration calculée ; le calcul est effectué avec
la durée fictive et la profondeur réellement atteinte.
- Si au cours de la plongée successive, la profondeur
maximale atteinte est inférieure à celle qui a été retenue
pour le calcul de la majoration, le plongeur conserve
la majoration calculée ; le calcul est effectué avec
la durée fictive et la profondeur utilisée pour le calcul.
REMONTÉE RAPIDE (PLUS DE 15 À 17 M/MN)
- Définition : remontée à une vitesse supérieure à
15 à 17 mètres par minute sur plus de 10 m entre 30m
et 10m. Les paliers ont été exécutés ou non.
- Ce qu’il faut faire (seulement dans le cas où la
ré immersion est possible en moins de 3 minutes) :
- Replonger à la demi-profondeur (moitié de la profondeur
prise en compte pour rentrer dans la table)
- Palier de 5 minute à la demi profondeur (utiliser
ce temps pour calculer les paliers à réaliser)
- Durée de la plongée : du début de la plongée initiale
à la fin du palier à la demi-profondeur
- Allonger le palier (ou
faire un palier) à 6 mètres de 1 minute et à 3 mètres
de 3 minutes.
Si la réimmersion n'est pas
possible dans les 3 minutes,
mise sous O² immédiate et demande d'évacuation.
Attention, dans le cas d’une ré immersion après une plongée
successive ou consécutive à l’air, la durée de plongée à
considérer pour le calcul des paliers est la somme :
- Pour les plongées consécutives, de la durée de la
première plongée et de la durée écoulée entre le début
de la deuxième plongée et la fin du palier à demi-profondeur
;
- Pour les plongées successives, de la majoration
issue de la première plongée et de la durée écoulée
entre le début de la deuxième plongée et la fin du palier
de 5 minute à demi-profondeur.
- Dans le cas d’une plongée en mélange suroxygéné,
et d’une remontée rapide, le palier de demi-profondeur
est effectué à la moitié de la profondeur réelle maximale
atteinte.
- La vitesse entre le palier de demi-profondeur et
le premier palier de décompression est de 15 à 17 mètres
par minute.
REMONTÉE RAPIDE ENTRE PALIERS
REMONTÉE LENTE JUSQU'AU PREMIER PALIER
- Définition : vitesse de remontée jusqu’à l’éventuel
premier palier strictement inférieur à 15 à 17 mètres
par minute.
- Ce qu’il faut faire : majorer la durée de la plongée
de la durée de remontée jusqu’au premier palier.
PALIER INTERROMPU
- Définition : non exécution ou mauvaise exécution
d’un palier obligatoire.
Ce qu’il faut faire (seulement dans le cas où la ré immersion
est possible en moins de 3 minutes) : replonger au
niveau du palier
interrompu et le terminer puis continuer
les paliers suivants en ajoutant 3 minutes au palier de
3 mètres.
Surveillance du plongeur pendant 3 heures si palier manqué
de moins de 3 minutes.
Si palier manqué de plus de 3 minutes ou en présence de
symptômes, mettre sous O², alerter les secours et
demander l'évacuation du plongeur.
PLONGÉE EN ALTITUDE
- Pour utiliser la table fédérale en altitude, il
suffit de connaître la pression barométrique H régnant
à la surface du lieu où l’on plonge. On entre dans la
table avec une profondeur fictive P’ : P’ = Px1013/H,
où P est la profondeur réellement atteinte (en mètres)
et H la pression barométrique du lieu (en millibars
ou hectopascals).
- Les paliers devront être effectués à la profondeur
P réelle : P = P’x H / 1013, où P’ est la profondeur
du palier donné par la table fédérale.
- Durée de la remontée : c’est celle de la profondeur
fictive. Donc : vitesse de remontée plus lente qu’en
mer, aussi bien pour rejoindre le premier palier que
pour aller d’un palier à l’autre.
- Remontée rapide (c’est à dire dont la durée est
strictement inférieure à celle prévue depuis la profondeur
fictive) : procédure identique à celle du niveau de
la mer, mais redescendre à la moitié de la profondeur
réelle.
- Palier interrompu, remontée lente, plongée consécutive,
plongée successive : même procédure que celle du niveau
mer, mais toujours en effectuant les calculs avec les
profondeurs fictives.
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UTILISATION EXCEPTIONNELLE DES TABLES FÉDÉRALES
INHALATION D’O2 ENTRE DEUX PLONGÉES
- Le tableau III
" diminution de l’azote résiduel par respiration d’oxygène
en surface " donne la valeur de l’azote résiduel qu’il
faut prendre en considération pour entrer dans le
tableau II du
calcul des plongées successives.
Cette valeur est déterminée en fonction :
- Du groupe de plongée successive d’une première plongée
(première colonne) ou de " l’équivalent azote résiduel
" (deuxième colonne) déjà déterminé à l’aide du
tableau I après
un certain temps passé en surface à respirer de l’air
;
- De la durée pendant laquelle le plongeur respire
de l’oxygène pur.
- Lorsque le temps réellement passé à respirer de
l’oxygène pur en surface ne figure pas dans le tableau,
prendre la valeur immédiatement inférieure.
- La deuxième colonne du
tableau III donne
l’équivalence numérique entre la valeur de l’azote résiduel
et les groupes de plongée successive.
PALIERS À L OXYGÈNE PUR
- Les paliers à 3 mètres et à 6 mètres peuvent être
effectués en inhalant de l’O2.
- La durée de chacun des paliers à l’oxygène pur est
égal aux deux tiers de la durée du palier à l’air arrondi
à la minute supérieure, et est au minimum de 5 minutes
(soit un palier à l'air de 8 minutes).
Cependant, la durée de chacun des paliers à l’oxygène
pur est égal à la durée du palier à l’air lorsque celui-ci
à une durée de 1 à 5 minutes.
- Le fait d’effectuer des paliers à l’oxygène pur
ne change pas le groupe de plongée successive de la
plongée effectuée.
PLONGÉE AU MÉLANGE ENRICHI À L’OXYGÈNE PUR
Il existe des tables spécifiques pour la plongée au nitrox.
Toutefois, dans le cadre d’une utilisation exceptionnelle,
ou pour des exercices théoriques de calculs avec tables,
on peut retenir les règles suivantes :
- Pour utiliser la table fédérale en mer à la profondeur
réelle P avec un mélange nitrox à X% d’azote, on rentre
dans la table avec une profondeur équivalente PE telle
que :
PE = ( P + 10 ) x X - 10
0,79
- La profondeur maximum permise en mer est celle correspondant
à une pression partielle d’oxygène pur de 1,6 bars.
La durée et la profondeur des paliers en mer suite à
une plongée au nitrox sont exactement ceux de la plongée
à l’air réalisée à la profondeur équivalente.
La durée maximale d’une plongée au nitrox est de 2 heures.
Toutes les autres règles d’utilisation des tables fédérales
sont maintenues dans le cadre des plongées au nitrox.
Francis IMBERT
Jean-Louis BLANCHARD
CONVENTION POUR LE CALCUL DE LA DURÉE TOTALE
DE REMONTÉE (ÉPREUVES THÉORIQUES)
- Vitesse de remontée jusqu’au palier égale à 15 mètres
par minute ;
- Vitesse de remontée entre paliers ou du dernier
palier à la surface égale à 6 mètres par minute ;
- Durée totale de remontée à arrondir à l’entier immédiatement
supérieur ;
- La colonne de durée totale de remontée donne directement
la valeur cherchée sauf dans les cas où le début de
remontée ne correspond pas à la profondeur maximum prise
en compte pour le calcul de la décompression ; ces cas
particuliers sont entre autres :
- Une consécutive dont la deuxième immersion est moins
profonde que la première, avec palier(s) ;
- Une remontée depuis le palier de demi-profondeur
;
- Une fin d’exploration où la décision de remonter
se prend à une profondeur différente de la profondeur
maximum.
Dans ces cas là, il y a deux procédures équivalentes
de calcul :
Procédure A : Utiliser le
tableau IV ;
Procédure B :
- calculer le nombre de mètres depuis le début de
remontée jusqu’à l’éventuel premier palier. Cela fournit
une distance de remontée.
- calculer la durée de cette remontée par : durée
(en minutes) = d / 15
- ajouter à la durée des éventuels paliers ainsi que
les durées de passage d’un palier à l’autre.
- arrondir la somme obtenue à l’entier immédiatement
supérieur.
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